Amadou Tidiane Wone, directeur de Cabinet d’Abdoulaye Wade «L’innocence de Karim Wade sera établie le 23 mars»

 Membre du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds) et directeur de cabinet d’Abdoulaye Wade, ancien président de la République du Sénégal, Amadou Tidiane Wone a été l’invité de l’émission le «Grand Oral», samedi dernier, sur Rewmi FM. Il a saisi cette tribune pour aborder l’affaire Karim Wade, entre autres sujets d’actualité.

A une semaine exactement du délibéré de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) sur l’affaire Karim Wade et Cie, certaines personnes, à l’image du directeur de cabinet d’Abdoulaye Wade, Amadou Tidiane Wone, continuent de plaider l’innocence de Wade-fils. Selon le membre du comité directeur du Pds, il n’y a rien dans ce dossier qui peut entrainer la condamnation de l’ancien ministre d’Etat. «Nous déplorons dans notre pays que l’on ne donne pas une prime à la performance, mais que l’on sanctionne à partir de présupposés et de préjugés un adversaire potentiel et je pense que l’histoire jugera. Nous avons suivi, de manière régulière, le procès et nous avons, au fur et à mesure qu’il se déroulait, acquis la conviction qu’il n’y avait rien dans ce dossier qui lui soit reprochable, qu’il s’agit d’un montage qui, malheureusement, est tombé comme un château de cartes et son innocence sera établie le jour du verdict. Nous n’avons aucun souci la dessus», a-t-il déclaré. Pour établir le côté spécial dudit procès, il expliquera : «ce qui a fait de l’affaire Karim Wade une affaire spéciale, c’est qu’elle se déroule dans une cour spéciale, une affaire instruite par un procureur spécial, devant un Président de juridiction spéciale. Comment voulez-vous donc que cette affaire ne soit pas spéciale ? Ce sont les autorités qui ont fait de Karim Wade un détenu spécial.»

«Si Macky est prêt à dialoguer, qu’il fasse le premier pas»

A en croire l’invité du «Grand Oral», l’opinion retiendra, au finish du procès qu’on a mis en place une cour pour liquider un adversaire potentiel qui aura, pourtant, pendant qu’il a exercé des fonctions ministérielles au niveau du gouvernement du Sénégal, fait preuve de ses compétences. «Personne ne peut circuler dans ce pays sans piétiner sur une des réalisations dans lesquelles Karim Wade aura joué un rôle décisif, en sa qualité de ministre des infrastructures ou de patron de l’Anoci», a-t-il étayé ses dires. Outre le combat pour la libération des détenus libéraux, M. Wone estime que les Sénégalais doivent engager le combat pour la démocratie. «Le combat politique qui est en jeu aujourd’hui, c’est le combat de la démocratie que tous les Sénégalais devraient endosser. C’est un combat pour nos libertés. Est-il admissible que dans un pays démocratique comme le Sénégal, une cour taillée sur mesure utilise le mot traquer qui veut dire simplement réduire en néant, humilier, détruire un certain nombre d’adversaires politiques sur des présupposés qui ne sont pas encore établis, incarcère un ancien ministre pendant 2 ans et va chercher des preuves, lui attribue un compte de 47 milliards qui est inexistant ?», s’est-il interrogé. Pour lui, notre démocratie est malade de la «judiciarisation» du contentieux politique. «Nos acteurs politiques, lorsqu’ils aboutissent au tribunal, ont échoué. Les acteurs politiques, lorsqu’ils sont ensevelis par la violence, ont aussi échoué. Il faut que de ces deux extrêmes que les acteurs politiques trouvent le juste milieu. Et, ce juste milieu, l’on ne peut le trouver qu’en se parlant. Comment voulez-vous dans un pays démocratique qu’il n’ait aucun dialogue entre le pouvoir et l’opposition ?», se demande-t-il encore.  Poursuivant, il dira que le pouvoir et l’opposition sont les deux pieds sur lesquels marche la démocratie. «Si Macky est prêt à dialoguer, qu’il fasse le premier pas. Et dans un dialogue, on parle de tout», a-t-il lancé.

Cheikh Moussa SARR