ASSEMBLEE NATIONALE Un grenier de pagailles et d’insultes

Le Jeudi 23 Mars 2017, le député Barthélémy Diaz a interrompu le Premier ministre qui s’adressait à l’Assemblée nationale, par une réplique brutale contre un virement de l’Hémicycle en parodie de tribunal sur l’Affaire Khalifa. Mais l’incident est mineur par rapport à ceux qui surviennent dans ce Parlement aujourd’hui dépouillé de son halo institutionnel. Si le comportement de Diaz est mauvais, ceux d’autres députés sont pires ! Le rétroviseur fait voir des actes plus graves qui sont survenus dans cette Institution qui a vivement besoin d’être renouvelée. Les députés, en majorité, sont inconscients de leur responsabilité parce que n’étant que des élus du hasard, inconscients, enfantins, boulimiques et jamais assouvis. Et c’est triste que cette Assemblée nationale donne l’image d’un grenier de pagailles et d’injures, avec une Législature calamiteuse qui prend heureusement fin.

Une législature calamiteuse

Jamais le Sénégal n’a eu une Législature aussi pagailleuse avec des députés qui se comportent comme des gamins dans un marché. La majorité ne se présente dans l’hémicycle que pour solder des comptes politiciens ou semer la pagaille devant un vieux Président irascible qui, frappé par l’usure du temps, ne se contrôle plus quand ses nerfs sont tendus. La respectabilité de l’Elu du peuple s’est effondrée dans ce pays à cause de la désinvolture et de l’esprit politicien enfantin que montre cette masse de députés, insulteurs à gage et perturbateurs d’élite, des députés d’ailleurs absentéistes et somnambules.

Cette Législature n’a aucune aura. Certains députés enragent les citoyens et d’autres font rire à cause de leur comédie. Et ils sont nombreux ces inutiles députés qui empochent l’argent du contribuable sans rien apporter à la Nation. On les appelle Honorables ! Mais des Honorables qui déshonorent l’Institution. Le système jacobin fait d’eux des auxiliaires du Président de la République, chef de leur coalition ou de leur parti. Et pour plaire, ils s’érigent en marionnettes burlesques pour défendre l’imposture et la forfaiture. Cette Législature est celle d’une représentation parlementaire nombreuse, ruineuse, paresseuse et pagailleuse. A quoi servent des députés incapables de partager le sort du peuple, combattre l’injustice et poser les problèmes de la Nation ?  Que valent des députés qui n’excellent que dans la chamaillerie et de la conspiration ?

Cas Fada-Aïda Mbodji

En octobre 2015, un fait conspirateur jamais vu dans l’histoire parlementaire survint. La majorité Benno Bokk Yakaar, flairant le zigzag de Modou Diagne Fada de l’opposition qui semblait incliner vers le Macky du Pouvoir, se range de son côté contre Aïda Mbodji, choisie pour diriger le Groupe parlementaire Démocrates et Libéraux. Mais la conspiration menée sur fond de non- recevabilité de lettre de désignation échoua.  En voulant faire dissidence par une indubitable inclinaison vers le Macky, Fada eu un moment le soutien insolite de Benno Bokk Yakaar, une conjuration flagrante qui avorta.

Pire, la pagaille, la désinvolture, l’anarchie et l’absentéisme des députés ont été tels que la dissolution de l’Assemblée nationale a été agitée en 2015. Le FPDR, le Cercle des Intellectuels, l’UCS, Bokk Gis Gis,  des membres de Macky2012 ainsi que personnalités politiques et civiles comme Seydi Gassama, Alioune Tine, Aliou Sow, Mouhamadou Mbodji, Birahim Seck, Awa Abdoul Ba, entre autres, ont même posé le débat en raison de la grande pagaille qui règne dans cette Institution dévoyée et la conspiration interne rythmée d’insultes. Ce fut pire qu’interrompre le Premier ministre qui parle.

Insultes et coups de poing

En Novembre 2015, devant le Président Niasse qui s’enrage aujourd’hui contre Barthélémy Diaz, l’Hémicycle s’est transformé en borne-fontaine et des députés en sont venus aux mains. Il était assis au Perchoir. Des coups de poings se sont donnés et des insultes ont tonné. La députée Woré Sarr piqua même une crise et perdit conscience. L’acte de Barthélémy Diaz n’est-il pas mineur et insignifiant devant cette bataille rangée au sein de l’Assemblée nationale ? « Kouy thieupi thieupi, fi ngamay fek », (Ceux s’agitent me verront sur leur chemin), est la sentence de Moustapha Niasse. Mais il y a deux ans, des députés de l’opposition ont été violentés, insultés et chassés de l’Hémicycle. Une pagaille indescriptible et une anarchie abominable a eu lieu. Des députés se sont battus, obligeant la délégation ministérielle présente à bouder et partir. Ceux qui s’agitaient, étant du Macky, ils ne trouvèrent pas Niasse sur leur chemin. Mais si ce sont des gens de l’autre camp qui s’agitent, qu’ils aient tort ou raison, ils le trouvent sur leur chemin. Voilà la 12ème Législature !

Récemment, devant le Président de l’Assemblée nationale, le Vice-président Cissé Lo abreuvait la députée Aïda Mbodji de propos injurieux. « Monsieur le Président, dites-lui d’arrêter les insultes », avait interpelé la Présidente du Groupe parlementaire libérale. Mais Moustapha Niasse se montra aphone devant ce scandaleux incident. Peut-être parce que c’est Cissé Lo. Ces insultes et ces coups de poing dans l’Hémicycle sont pires que le courroux manifesté par Barthélémy !

Le Piroguier