Fortes tensions entre le Sénégal et la Mauritanie !

Des commerçants mauritaniens ont été attaqués au Sénégal après que des gardes-côtes de leur pays ont tué, samedi, un piroguier sénégalais.

Samedi 27 janvier, un pêcheur du quartier de Guet Ndar, à Saint-Louis au Senegal, a été tué en mer par les gardes-côtes mauritaniens. Ils ont ouvert le feu sur la pirogue qui tirait ses filets près de la frontière maritime entre les deux pays. Révélé lundi, l’incident a provoqué la colère de la communauté des pêcheurs de Saint-Louis. Pour se venger, ces derniers s’en sont pris à des boutiques de commerçants mauritaniens qu’ils ont saccagées et pillées. Le monument aux morts de la guerre de 14-18 a été incendié ainsi que quatre véhicules. Puis la foule s’est dirigée vers la maison du gouverneur qui a tenté de calmer les esprits, appuyé par le ministre de l’intérieur dépêché de Dakar.

Seydina Seck, l’oncle de la victime Serigne Fallou Sall, et propriétaire de la pirogue arraisonnée par les gardes-côtes mauritaniens. Il s’inquiète du sort des huit autres membres d’équipage aux arrêts à Nouakchott. Deux de ses fils, dont le capitaine de la pirogue, sont parmi les détenus. Il n’a aucune nouvelle.

Seydina Seck l’assure, son équipage a été attaqué vers 21h30 alors qu’il se trouvait dans les eaux sénégalaises. « J’ai conseillé à mes fils de ne pas aller en Mauritanie mais la frontière est difficile à voir, explique-t-il. Ils ont respecté mes consignes je le sais, et ils n’ont pas pu dériver en Mauritanie puisque le courant est sud. » Si certaines embarcations ont accès à des GPS par le biais de leur téléphone portable, la plupart des piroguiers naviguent encore à la boussole, parfois même aux étoiles.

Face aux accrochages réguliers, le ministre sénégalais de la pêche et de l’économie maritime, Oumar Guèye, conseille aux pêcheurs d’éviter les eaux mauritaniennes jusqu’à ce que les deux pays arrivent à trouver un point d’entente pour fixer de nouvelles réglementations. « Ce qu’on demande au gouvernement, c’est plus de licences et en parallèle un plan stratégique de transition qui prenne en compte les menaces que nous subissons pour permettre des reconversions aux pêcheurs qui ne peuvent plus excercer en toute sécurité », explique Mbaye Dieye Sène. Selon lui, ces difficultés ont fait perdre 14 milliards FCFA (21,2 millions d’euros) au secteur de la pêche en 2017. Celui-ci est capital au Sénégal. Selon les estimations, il rapporte au pays environ 200 milliards de FCFA et emploie 600 000 personnes.

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