Stop aux idées reçues : OUI, l’éducation progresse en Afrique Subsaharienne !

Lorsque l’on parle de l’évolution de la situation éducative en Afrique subsaharienne, c’est généralement pour tirer la sonnette d’alarme et mettre en avant le retard pris par la région. Or cette vision pessimiste occulte l’ampleur sans précédent des efforts fournis dans un contexte de forte croissance démographique.

L’éducation de base progresse sur le continent africain. Les chiffres en attestent :

Sur la base de données plus complètes de l’Institut de statistique de l’Unesco, entre 1999 et 2015, les pays d’Afrique subsaharienne ont presque doublé leurs capacités d’accueil dans le primaire, multiplié par 2,5 l’accès au 1er cycle du secondaire, et quasiment triplé les chiffres concernant l’accès au 2e cycle du secondaire. La durée moyenne de scolarisation a donc progressé rapidement, passant de 6,5 années en 1999 à 8,8 années en 2015.
Pour apprécier les réalisations éducatives de cette zone, il est important d’avoir une vision à long terme. Certains travaux récents permettent d’estimer les taux nets de scolarisation (TNS) entre 1820 et 2010 pour 111 pays dans le monde, dont 24 d’Afrique subsaharienne. De toutes les régions du globe, c’est cette dernière qui a progressé le plus rapidement sur la période 1995-2010. Le TNS au cycle primaire y est ainsi passé de 66,5 % à 90,7 %, soit une amélioration de 24,5 points. Sur une période comparable de 15 ans, l’amélioration maximum a été de 13 points dans les pays développés (1865-1880), 15,4 points en Amérique latine et dans la zone Caraïbes (1940-1955), 18 points en Asie dans la zone du Pacifique (1935-1950) et 22,6 points en Afrique du Nord et Moyen-Orient (1965-1980).

Les systèmes éducatifs africains ont accompli des progrès considérables pour accueillir les nouvelles générations à l’école. Les pays et les familles reconnaissent l’importance de cet investissement en faisant de l’éducation une priorité, notamment dans leurs dépenses. Les retours sur investissement leur donnent raison, aussi bien par rapport aux gains individuels de revenus et de compétences que par rapport au développement économique et social des pays. Les systèmes éducatifs subsahariens restent cependant sous tension, à la fois pour répondre aux enjeux de scolarisation universelle de base dans un contexte de croissance démographique soutenue et pour assurer une qualité minimale de l’éducation qui garantisse le développement des compétences fondamentales des élèves. Si beaucoup de progrès restent à faire, il ne faut pas pour autant oublier les très grands progrès éducatifs de l’Afrique subsaharienne dans une perspective de long terme.

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