Emmanuel Macron promet une aide de 15 millions d’euros contre l’érosion au Sénégal

French President Emmanuel Macron (C) waves to people next World Bank President Jim Yong Kim (R), Saint-Louis Mayor Mansour Faye (2ndR) and Senegalese President Macky Sall during a visit to see the process that causes coastal erosion on Febuary 3, 2018 in Saint Louis. / AFP PHOTO / Ludovic MARIN

Le chef de l’État concluait samedi une visite de deux jours à Dakar et Saint-Louis consacrée à l’éducation et la lutte contre les dérèglements climatiques.

Une foule impressionnante a accueilli samedi à Saint-Louis du Sénégal Emmanuel Macron, qui a annoncé une aide de 15 millions d’euros pour lutter contre l’érosion côtière qui menace la ville, auxquels s’ajouteront 24 millions d’euros débloqués par la Banque Mondiale. Dans l’année, une digue de rochers le long de la partie sud de la Langue de Barbarie devrait être construite, un chantier confié au groupe Eiffage.

Elle permettra de retarder l’effet de la montée des eaux qui ronge cette étroite bande de sable d’une trentaine de kilomètres de long, peuplée de 55.000 habitants, qui protège la ville de l’océan. D’ici au mois de mars, 900 familles seront relogées, soit environ 10.000 personnes, vivant dans les quartiers de pêcheurs les plus touchés par l’érosion et qui perdront leur maison à court terme.

L’assaut des vagues a déjà obligé 200 familles de Saint-Louis à déménager, soit environ 2000 personnes, selon Louise Cord, directrice Sénégal de la Banque Mondiale.

Macron a également annoncé une aide de 25 millions d’euros pour la préservation et la rénovation du patrimoine historique de l’ancienne capitale de l’Afrique-Occidentale française et du Sénégal. Ces fonds, promis par la France depuis des années, n’avaient jamais été engagés, a précisé l’Elysée.

Samedi matin à l’arrivée du chef de l’État à Saint-Louis, des dizaines de milliers d’habitants ont envahi le centre de cette ville de pêcheurs du nord du pays, à l’embouchure du fleuve Sénégal, qui fut le premier établissement fondé au sud du Sahara par la France au XVIIe siècle, ont rapporté des journalistes de l’AFP. Arrivé en avion de Dakar, où il participait la veille à une conférence sur l’éducation, Emmanuel Macron, 13 ans après la dernière visite de Jacques Chirac, était accompagné à Saint-Louis de son homologue sénégalais, Macky Sall.

«Les Africains ont très peu contribué aux émissions de CO2 mais subissent l’impact le plus dévastateur du changement climatique. Le monde entier a une dette envers l’Afrique, dont le Sénégal, pour reconstruire ses côtes», a lancé le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim.

Le président français a observé les dégâts de l’océan avant de rejoindre, dans une voiture décapotable roulant au pas, debout aux côtés de Macky Sall, la place du coeur de la ville où trône la statue de Louis Faidherbe, gouverneur colonial du Sénégal (1854-1861 et 1863-1865).

«J’ai été très touché de cet accueil chaleureux. Il m’oblige mais traduit beaucoup d’attentes. Nous avons donné un nouveau souffle à notre relation en appliquant ce que j’ai annoncé à Ouagadougou: une nouvelle stratégie française, ne pas arriver avec des visions toutes faites mais en soutien de projets qui nous paraissent prioritaires et portés par le gouvernement», a commenté devant la presse le président français avant de reprendre l’avion pour Paris.

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