Les sénégalais favorables au parrainage

Les avis sur le système de parrainage pour l’élection présidentielle de 2019 à venir sont partagés. Naturellement là où certains sénégalais sont contre, d’autres sont pour. Car si des rassemblements sont organisés aujourd’hui, jeudi 19 avril, devant l’Assemblée Nationale, pour montrer leur désaccord face à ce nouveau projet de loi sur le parrainage, d’autres citoyens sénégalais comptent bien aussi se mobiliser pour faire entendre leurs voix !

Car si les partisans de l’opposition rejettent ce nouveau processus éléctoral, nombreux sont ceux qui y sont favorables. Pour justifier cette loi, ils s’appuient sur l’exemple de plusieurs autres démocraties modernes, pour qui, le parrainage est à la page.

Pourquoi défendent-ils le parrainage ? Voici leurs explications et ce qu’ils ont à défendre :

Le parrainage permet de filtrer les candidat.e.s en évitant des candidatures fantaisistes, non sérieuses, sans offres politiques crédibles, voire dangereuses, étant entendu que l’élection d’une femme ou d’un homme à la présidence de la République est une affaire très sérieuse. Le parrainage vise donc à rationaliser la participation des candidat.e.s à l’élection présidentielle. Il ne peut donc être antidémocratique surtout que tous les postulant.e.s à cet exercice seront soumis à la même règle (indépendants et investis par un parti). Cet épisode dans notre processus démocratique est très intéressant car au Sénégal la plupart des 299 partis politiques sont incapables de définir le mode de financement de leurs promesses formulées avant et pendant les joutes électorales. D’ailleurs, peu d’offres politiques cohérentes, crédibles, claires, chiffrées, ne sont lisibles sur leurs programmes en perspectives des échéances à venir.

La rationalisation participe à la modernisation et à la bonne respiration de notre système démocratique et permet in fine aux différents compétiteurs qui aspirent à la magistrature suprême à faire une offre politique cohérente et crédible et à être de compétiteurs d’envergure nationale, internationale et non locale.

Notre pays compte 299 partis politiques, un record mondial dans les démocraties libérales. Et pendant les législatives de 2017, sur les 47 listes en compétition, 40 n’ont pas pu obtenir 1% des suffrages valablement exprimés, 34 listes n’ont pas pu avoir un député. On se demande quel virage empruntera notre démocratie si les pouvoirs publics ne réagissent pas ?

La règle du parrainage est en vigueur dans beaucoup de démocraties. Au Mali, notre voisin immédiat, pour participer à l’élection présidentielle, il faudra d’abord obtenir le parrainage de 10 députés et 5 conseillers nationaux avant de remplir les autres conditions requises. En Europe et dans d’autres démocraties, ce processus de filtrage démocratique est ancré dans les mentalités populaires et les pratiques politiques.

Il n’a pas vocation à faire régresser notre démocratie, il s’agit bien au contraire de parfaire le mode de participation à l’élection présidentielle.

 

 

 

 

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