Pluie de milliards sur le Sénégal : Le volume des investissements multiplié par 16

Le président chinois Xi Jinping est attendu  au Sénégal le 20 juillet prochain. Une visite hautement importante qui témoigne de la qualité des relations entre Pékin et Dakar.

Depuis la relance de la coopération entre la Chine et le Sénégal, le volume des échanges s’est vu multiplier par 16, précise l’Agence de presse chinoise Xinhua. Le stock des investissements non financiers directs de la Chine au Sénégal qui s’élevait à 100 millions de dollar (50 milliards F Cfa) en 2015, a atteint le niveau record de 1,6 milliard de dollar (soit 800 milliards F Cfa) en 2017. Par ailleurs, la présence du géant asiatique dans le reste continent a contribué à une nette amélioration du volume des échanges et des investissements atteignant la barre de 85 milliards de dollars (42 500 milliards F Cfa) en 2017. La Chine devient ainsi le premier partenaire économique du continent africain.

La Chine est devenue le 1er investisseur au Sénégal et le 2e partenaire commercial du pays. Ainsi, le volume des investissements effective et/ou en cours est estimé à 1 milliard 600 millions de dollar (soit 800 milliards F Cfa) en 2017, soit 16 fois plus qu’en 2015. «Une dizaine de projets de coopération de plus de 1,6 milliard de dollars sont en exécution ou seront réalisés. Des projets structurants d’infrastructures ou de bien-être avancent dans des conditions heureuses. Les deux gouvernements ont conclu l’accord-cadre sur le financement du projet «Smart Sénégal», informe Zhang Xun, l’ambassadeur de la Chine au Sénégal,  lors d’une conférence publique sur les relations sino-africaines à Dakar.

La République populaire de Chine ne se limite pas là dans ses investissements au Sénégal comme l’a assuré son ambassadeur à Dakar. «Nous allons bientôt démarrer d’autres projets tels que le nouveau bâtiment du ministère des affaires étrangères, la réhabilitation des stades régionaux, l’accès à la télévision par satellite dans des villages, l’extension de l’hôpital pour enfants de Diamniadio et la réfection du barrage d’Affignam, au plus grand bénéfice des peuples des deux pays»  a déclaré Zhang Xun.

Le secteur des hydrocarbures n’est pas en reste dans la coopération sino-sénégalaise. Avec les récentes découvertes en quantité importante de gaz et du pétrole, la Chine qui fait partie des grands pays importateurs de ressources énergétiques, envisage de se faire une place dans ce secteur au Sénégal.

 Une coopération axée sur développement

Le géant asiatique ambitionne donc d’élargir la coopération dans de nouveaux chantiers comme l’exploitation des ressources en hydrocarbures, l’énergie solaire et les recherches scientifiques, pour transformer la coopération bilatérale dominée par des aides et travaux forfaitaires en une coopération sur les capacités de production et les services techniques, explique lesoleil.sn dans son édition  du 24 mars 2018.

Le Plan Sénégal émergent (PSE), étant la référence en vigueur des politiques publiques et de la stratégie de développement du gouvernement sénégalais, le partenaire chinois « encouragera activement d’autres entreprises chinoises à prendre part à la construction des parcs industriels et au développement des industries manufacturières apportera ainsi une contribution active au développement industriel et agricole du Sénégal » a promis Zhan Xun.

La  coopération sino-sénégalaise comme le rappelle, afriquelatribune.com, le site du journal économique La Tribune Afrique, a pour particularité de mettre l’accent sur le développement à la fois humain, culturel, structurel et le transfert de technologie. Et à cette fin,  L’empire du Milieu  se garde de toute ingérence dans les affaires intérieures de ses partenaires à la différence des pays occidentaux.

«Dans sa coopération avec le Sénégal, la Chine garde à l’esprit le concept de développement donnant la primauté aux citoyens. Nous veillons à la transformation de cette coopération, du rôle principal du gouvernement en la priorité accordée aux investissements et financements par les entreprises, du commerce de marchandises en la coopération sur la capacité de production et le commerce de sous-traitance», a indiqué le diplomate chinois, à Dakar.

Les projets infrastructurels réalisés par la Chine sont bien visibles au Sénégal, notamment dans la capitale, Dakar. Entre autres, la Chine  a participé à hauteur de 14 milliards à la construction du Grand théâtre national pour un montant total de 16 milliards. La Chine a réalisé  le Musée des civilisations Noires pour un montant de 10 milliards F Cfa,  l’hôpital pour enfant de Diamnadio 5 milliard 500 millions F Cfa,  l’arène nationale 32 milliard F Cfa et  l’autoroute Ila Touba  pour montant 416 milliards. Partout sur le continent, Pékin est en train d’intensifier sa coopération au nez et à la barbe des Occidentaux.

 La Chine coiffe au poteau les partenaires traditionnels de l’Afrique

La coopération entre la Chine et l’Afrique ne cesse de s’approfondir sur le plan économique. Ainsi dans un futur proche, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique devrait atteindre 400 milliards de dollars en 2020, estime afrique.latribune.com.

Le cabinet international Ernst &Young, spécialisé en audit, conseil management et en transaction financière,  a indiqué dans le «Rapport sur l’attraction d’investissements étrangers en Afrique» que depuis 2005, la Chine avait financé 293 projets avec un volume total d’investissement de 66,4 milliards de dollars US et a créé plus de 130 mille postes d’emplois. L’année dernière, le record sur la création d’emploi en Afrique grâce aux investissements chinois a été atteint, avec une augmentation de 100% par rapport à 2015, soit 3 fois celle réalisée par les Etats-Unis », écrit focac.org.

En effet, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009. Les investissements chinois sur le continent ont permis la réalisation de plus de 5.000 kilomètres de routes et la même longueur en chemin de fer, plus de 200 écoles et près de 100 hôpitaux, informe focac.org.

La même source rappelle qu’entre 2012 et 2015, la coopération chinoise a contribué à former 30.000 Africains dans plusieurs domaines, à fournir 18.000 bourses d’études  et à construire 21 centres de formation professionnelle.

Ainsi la mise en œuvre du projet « la Ceinture et la Route » est une initiative propice au développement de la circulation intra africaine et a permis la réalisation des voies ferrées Addis-Abéba-Djibouti et Mombasa-Nairobi, déjà ouvertes. Des réalisations d’envergure qui représentent l’exemple type d’un partenariat fructueux entre la Chine et l’Afrique.

L’Afrique en général et le Sénégal en particulier, trouve en la Chine, un partenaire idéal pour pouvoir réaliser des infrastructures d’envergure sur le continent. «Le chemin de fer est indispensable pour le développement réel de l’Afrique. Nous avons besoin de construire les chemins de fer en Afrique, nous avons besoin de construire des infrastructures tels que des systèmes de télécommunication, des ponts, des ports, des aéroports et des centrales électriques», a déclaré le président Macky Sall lors du 3e Forum sur les investissements en Afrique tenu en novembre 2017, à Dakar.

Les relations entre la Chine et l’Afrique sont basées sur des échanges « gagnant-gagnant » entre les deux parties ayant partagées la même trajectoire historique à savoir : la colonisation et l’expérience du sous-développement. Ce qui a d’une certaine manière facilité la coopération entre l’Afrique et la Chine.

D’un côté, la Chine, grande puissance économique, diplomatique et démographique et  industrielle a besoin de matières premières pour faire tourner son industrie, mais aussi de voie pour soutenir ses actions diplomatiques sur le plan international. De l’autre, l’Afrique a son sous-sol très riche en ressources naturelle destinée à l’industrie, notamment l’industrie de pointe dont la Chine, au même titre que les pays occidentaux, ont besoin. Partant, la Chine et l’Afrique ont besoin l’un de l’autre. La Chine semble avoir un plan stratégique dans sa coopération. Mais du côté de l’Afrique l’on ne sent pas une stratégie à long termes dans la coopération avec la Chine. D’ailleurs coopération serait plus fructueuse pour l’Afrique si elle commerçait avec la Chine dans un cadre uni chapeauté par l’union africaine plutôt que la coopération bilatérale.

 

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