Abdoulaye Wade / Madické Niang: les dessous d’un clash, le PDS implose

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L’invalidation de la candidature de Karim Wade par la Cour constitutionnelle laisse le Pds sans candidat légal pour la présidentielle de 2019. Cette situation a semé le doute chez les membres du parti démocratique sénégalais. Ainsi, une lettre de certains députés du PDS, à l’attention d’Abdoulaye Wade, lui signifiant d’envisager un plan B pour suppléer à la candidature de Karim, a suscité la colère de Me Wade. Ainsi, Madické Niang, président du groupe parlementaire « liberté et démocratie », regroupant les députés du PDS et certains membre de l’opposition, est pointé du doigt par Abdoulaye Wade, qui l’accuse d’avoir un agenda caché en voulant écarter Karim Wade à son profit. Ce clash a favorisé une incertitude quant à la stabilité du PDS, mais aussi de la relation entre Abdoulaye Wade et Madické Niang.

 

Cette fois-ci la maison Wade brûle !

Inquiets, des députés membres du Parti démocratique sénégalais (Pds) ont écrit une lettre à Me Abdoulaye Wade suite au maintien de Karim Wade comme candidat de leur parti, malgré le rejet de son inscription. De son côté, Abdoulaye Wade déclare “avoir été poignardé dans le dos” à propos de Madické Niang qui nie la trahison.

En réponse à la lettre qui lui a été envoyée par des responsables libéraux, dans le but de trouver une alternative à la candidature de Karim Wade à la prochaine présidentielle, Me Abdoulaye Wade persiste et signe que le Pds ne présentera de candidat autre que Karim Wade. Le Secrétaire général national du Pds n’a pas manqué d’accuser le président du groupe «Liberté et démocratie», Me Madické Niang, de trahison.

Le lancement en ce jour, mardi 11 septembre, de la campagne de collecte de parrainages du candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds), Karim Wade, à la candidature de la présidentielle du 24 février prochain, se fera sous fond de remous internes. La cause, la lettre envoyée au Secrétaire national du Pds, Me Abdoulaye Wade, par certains responsables libéraux qui estiment nécessaire de trouver une alternative à la candidature de Karim Wade, dont l’inscription sur les listes électorales a été rejetée.

En réponse aux signataires de ladite lettre, le Secrétaire général national du Pds s’en est pris ouvertement au président du groupe parlementaire de l’opposition, Me Madické Niang. Dans sa réponse, Me Wade trouve que «Maître Madické Niang a décidé de se mettre en face du parti et en face de son Secrétaire Général que je suis», l’accusant ainsi d’être l’instigateur de la lettre.

L’ancien président de la République a déploré et regretté la démarche adoptée par Me Madické Niang qui aurait pu, à son avis, aller le voir «dans un tête- à-tête où Allah serait notre seul témoin, m’annoncer courageusement sa décision d’aller tenter sa chance ailleurs». Visiblement très surpris de l’attitude de son compagnon de parti, Me Wade dira que «compte tenu des relations que nous avions entre nous, j’étais en droit de penser qu’il n’aurait jamais choisi la forme du coup de poignard dans le dos».

Pour autant, l’ancien président qui estime que tous les signataires de la lettre, à l’exception de Thiobane(militant de l’Ujtl-ndlr), étaient «de bonne foi» a demandé «à ceux dont la signature a été usurpée, et à ceux qui se sont trompés de bonne foi, de ne rien faire de plus qui risque de créer une fissure dans notre grand parti, de poursuivre la campagne de parrainage et d’attendre mon retour au pays».

Rappelant, en outre, que la candidature de Karim Wade a été retenue «librement et démocratiquement» en Congrès, il indiquera fermement «Non. Macky doit respecter notre choix. Nous en sommes là. Il n’y aura pas de plan B. Nous contraindrons Macky à respecter le choix de notre parti». A Me Madické Niang et compagnie, il leur demandera d’avoir le courage d’assumer clairement leur choix, «sans tenter de jeter le trouble dans nos rangs. Cette manœuvre ne passera pas». Tout en faisant référence aux différents remous qu’a connus le parti libéral, Me Wade prédit que «ce ne sera pas la première fois qu’un ou de hauts responsables du parti choisissent de nous lâcher en plein combat. Je doute fort que Madické réussisse là où tous les autres, jusqu’ici, ont lamentablement échoué».


RISQUES DE DIVISION INTERNE AU PDS

Madické Niang et cie seront-ils traités comme Modou Diagne Fada et ses camarades réformateurs qui, en juin 2015, voulaient l’organisation d’un congrès de renouvellement des instances du Pds, pour mieux préparer les élections législatives de 2017? Ce qui est sûr et certain, c’est que cette question du maintien ou non de la candidature de Karim Wade risque de faire imploser le Pds, à moins de 6 mois de la présidentielle. Ces derniers, qui ont très certainement muri leur réflexion avant de saisir Me Wade par lettre, pourraient présenter une candidature parallèle au sein du Pds, s’ils décidaient de mener le combat à l’interne. L’autre option qui s’offre à ces partisans du plan B pour le Pds est qu’ils peuvent choisir de quitter le parti pour présenter un autre candidat.


ACCUSE D’ETRE L’INSTIGATEUR DE LA LETTRE DES LIBÉRAUX : Madicke Niang nie en bloc


Le président du groupe parlementaire de l’opposition “Liberté et démocratie”, ne serait ni de près ni de loin l’instigateur de la fameuse lettre envoyée par des responsables libéraux à leur Secrétaire général national, Me Abdoulaye Wade. Dans une lettre rendue publique, lundi 10 septembre, Me Madicke Niang qui se dit surpris que son mentor doute de sa loyauté, malgré toutes les épreuves traversées ensemble, nie tout en bloc.

Ça sent vraiment le roussi au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds). La lettre envoyée par des responsables libéraux au Sgn Me Abdoulaye Wade est à l’origine de ce malaise qui prend de l’ampleur au sein dudit parti. En effet, à peine avoir lu la réponse salée de l’ancien président de la République, l’accusant d’être à l’origine de ladite lettre qui réclame une alternative à la candidature de Karim Wade, dont l’inscription a été rejetée, Me Madicke Niang a servi aussi une réponse. Dans sa lettre, le président du groupe parlementaire de l’opposition exprime toute sa déception concernant l’idée que s’est fait Me Wade à son sujet. Selon lui, “grande est ma déception en parcourant les lignes de cette lettre. Je suis profondément malheureux de me rendre compte que, malgré toutes les épreuves que nous avons traversées et toutes mes manifestations d’affection profonde pour sa personne, le Président Wade ait pu se tromper sur mon compte”. Rejetant tout en bloc, il dira que “en ce qui me concerne, je jure devant Dieu et devant notre Guide éclairé Khadimou Rassoul, que je n’ai jamais trahi Abdoulaye Wade et que je ne suis ni de près ni de loin mêlé à l’initiative de Thiombane que je n’ai jamais rencontré et avec qui je n’ai parlé pas une seule fois”.

Se sentant profondément touché, Me Niang a informé qu’il a une fois saisi Me Wade par rapport à cette question de Plan B pour le Pds à la prochaine présidentielle. D’ailleurs même, il avoue que “pour la première fois, je n’arrive pas à comprendre les motivations de la démarche d’Abdoulaye Wade d’autant plus que je l’ai déjà saisi d’une lettre confidentielle datée du lundi 03 septembre 2018 qui lui a été personnellement et directement adressée, lettre à laquelle il n’a fait aucune référence et qui, à ce jour, n’a enregistrée de sa part aucune reaction”. Se justifiant sur la stratégie adoptée, il laissera entendre que “j’avais choisi cette voie directe et confidentielle parce qu’il s’agit pour moi d’une question importante pour l’avenir du Sénégal qui mérite une réflexion profonde et lucide”.

Me Madické Niang dit avoir pensé que le Sgn allait l’inviter à aller le retrouver à Doha pour parler de la question. Même s’il admet avoir proposé au Pds une candidature de recours en cas de nécessité, il réfutera tout de même toute connivence avec M. Thiombane. “Soit dit en passant bien que parmi les signataires, certains me sont proches, ces derniers ne m’ont consulté ni informé de leur décision qu’ils ont prise en toute liberté”, se dédouane-t-il.

Pour autant, il dit avoir pardonné Me Wade. “Je pardonne à Abdoulaye Wade de m’avoir prêté des intentions qui sont loin d’être miennes et je prie le Tout Puissant, par la grâce de Khadimou Rassoul, qu’il l’éclaire afin qu’il comprenne qu’il s’est complètement mépris sur mon compte”, écrit-il. Cela, tout en réaffirmant sa loyauté à Me Abdoulaye Wade.

 

En définitive, Karim Wade, à 50 ans, il est un homme du passif, sanctionné par une lourde condamnation pénale de 6 ans qui l’exclut de la course présidentielle de 2019. Pour Wade le destin présidentiel de son fils vaut tous les sacrifices, Ce sera un Wade ou personne ! Père wade essaie donc avec l’énergie du désespoir d’imposer son fils qui traine de lourds handicaps et surtout l’impossibilité d’être ni électeur ni éligible. Pour 2019 Karim est non partant. Cette vérité qui crève les yeux semble être un véritable tabou au sein du PDS.

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