Omar Ba, l’artiste sénégalais en vogue dans les galeries parisiennes

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Fabuleux coloriste, le peintre sénégalais Omar Ba invente une figuration énigmatique aux résonances politiques. Né à Dakar, formé à Genève, Omar Ba peint des toiles figuratives et narratives, qui racontent l’Afrique, sa réalité économique, son histoire coloniale, et certains de ses dirigeants corrompus.

En un an et demi, les tarifs de ses toiles ont explosés, passant de 18 000 à 40 000 euros, confirmant sa côte ascendante.

Pour Omar Ba, fini les années de galère, le voici adoubé par l’un des plus grands galeristes parisiens. Daniel Templon a fait découvrir au public français des stars pop comme Andy Warhol, Willem de Kooning. C’est la première fois qu’il représente un artiste africain.

L’Afrique m’intéresse parce qu’elle a quelque chose de différent et c’est ce que j’ai trouvé dans la peinture d’Omar Ba”, explique le galeriste.

Énigmatiques, les peintures de l’artiste sénégalais Omar Ba dépeignent des univers peuplés de créatures mythiques, de figures humaines, d’animaux et de symboles géographiques et politiques. Autant d’œuvres hybrides mélangeant huile, acrylique, gouache, crayon et encre de Chine sur du carton ondulé ou sur toile.

Je crée des formes hybrides, je mélange des humains avec des animaux et ce sont des sortes de métaphores. Je mélange ou je crée des personnages sur pilotis, avec des chaussures. J’essaye de peindre le rêve, de représenter des choses qui sont peut-être dans notre imaginaire, pour parler du monde actuel” nous explique l’artiste.

Ses premiers travaux ont exploré l’héritage du colonialisme sur le continent africain et l’assassinat de chefs d’États tels que Patrice Lumumba, figure de l’indépendance du Congo belge. « Ce sont des  images qui me hantent », dit ce petit-fils de tirailleur sénégalais, qui vit entre Dakar et Genève. L’artiste a aussi célébré la magnificence des peuples d’Afrique, descendants des pharaons noirs d’Égypte et de Nubie, et rendu hommage aux femmes africaines qui voient leurs enfants quitter le continent à la recherche d’opportunités, conscientes de la précarité du voyage à venir.

Passé par l’Ecole des Beaux Arts locale, Omar Ba a vu son destin basculer quand il est admis à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) de Genève, en 2003. Si elle lui ouvre des réseaux, cette école le confronte à une vision de l’art opposée à la sienne. Mais Omar Ba s’obstine, et, se nourrissant des livres, de l’historien et panafricaniste sénégalais Cheikh Anta Diop, comprend qu’il veut porter un message sur son continent.

S’il expose aujourd’hui à Paris, Omar Ba n’en a pas fini avec les allers-retours pour rester connecté avec la réalité du Sénégal, il travaille à Dakar mais c’est bien en Europe qu’il vend ses toiles : entre 10 et 45 000 euros selon les oeuvres

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