Les Pays-Bas offrent 14 milliards de FCFA pour un projet de dépollution

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Les Pays-Bas ont accordé un appui financier d’un montant de 20 millions d’euros (environ 13,12 milliards FCFA) en faveur du Sénégal, en vue de la mise en œuvre du projet de dépollution de la baie de Hann, à Dakar.

La signature de la convention de financement a eu lieu le vendredi 14 septembre 2018, dans la capitale sénégalaise, entre le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, et le premier conseiller de l’ambassade des Pays-Bas près le Sénégal, Bert Vermaat.

Ce financement permettra ainsi d’améliorer le cadre de vie et le bien-être des populations par la dépollution et la décontamination de la baie de Hann, par une meilleure gestion des eaux usées déversées par les industriels.

La Baie de Hann, aujourd’hui classée 4ème plage la plus polluée au monde. Surnommée  le ” cimetière de pirogues”, la baie a atteint le sommet d’une pollution infernale. Les impacts écologiques sont importants, aussi bien sur la plage que dans l’eau. Les sacs plastiques, les gobelets, les animaux morts et les bateaux endommagés envahissent la plage. Les vidanges de bateaux, le surplus des algues, lié à la haute teneur en nitrate de la mer (eutrophisation*), causent la mort des nombreux animaux comme les poissons et les oiseaux. Cet impact va influencer également sur la santé de l’Homme, à travers la pollution de l’air causée par le rejet des gaz toxiques des algues. La Baie de Hann sert de dépotoir à des industries (alimentaires, textiles, chimiques …), au tourisme balnéaire et aux riverains. En effet, un volume important de matières organiques, de matières fécales et de substances chimiques sont déversées régulièrement voire quotidiennement dans la Baie de Hann. Ces substances proviennent de canaux d’évacuation des eaux pluviales  et usées du réseau d’assainissement de Dakar : environ 120 000 m 3/an d’eaux usées provenant de l’agglomération dakaroise ( Direction de l’Environnement, 1989 ) sont rejetées dans la Baie de Hann. Ces rejets se font généralement sans traitement préalable. La pollution de la baie est forte, dense et permanente. Elle n’est due, en grande partie, qu’aux industries et dans une moindre mesure aux populations riveraines et au tourisme balnéaire.

Cette dégradation et l’absence de réseau d’assainissement industriel et domestique ont des conséquences très graves, à la fois sur le plan social (perte de l’usage d’un milieu favorable aux loisirs et au développement du tourisme), économique (pertes de revenus pour les populations locales du fait du recul des loisirs et du tourisme ainsi que la diminution de la pêche côtière en quantité et en qualité) et encore plus sanitaire avec le développement de maladies infectieuses chez les populations locales.

La finalité du projet est donc la restauration durable de la qualité des eaux de la baie de Hann, qui permettra à la fois de protéger le milieu marin et d’améliorer la situation sanitaire des populations riveraines (55 000 personnes), en traitant 95% de la pollution bactérienne.

Notons que cet appui financier des Pays-Bas est destiné à compléter un prêt de l’Agence française de développement (AFD), d’un montant de 30 millions d’euros (environ 20 milliards FCFA), accordé en 2009.

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