ABC, le médiateur de la République est au bord du précipice…

Alioune-Badara-Cissé

Ces derniers mois, le médiateur de la République, Alioune Badara Cissé, ne cesse de multiplier les attaques contre le pouvoir. Les escarmouches verbales entre Me Alioune Badara Cissé (ABC), Médiateur de la République, nommé pour un mandat de 6 ans et Macky Sall, sont en passe de se muer en une affaire d’Etat. A ces attaques, ont répondu les membres de la mouvance présidentielle. Pire, sa révocation a été évoquée par le ministre de la Justice Gare des Sceaux, Ismaila Madior Fall.

 

La sortie en sanglots du médiateur de la République, sur le vécu presque macabre des populations au Nord du pays, dû à un manque incontestable de réalisations de la part du gouvernement pour sortir ces derniers de leur situation sociale, dans un pays qui se dit un et invisible, ne cesse de faire couler la salive du côté des troupes du présidents Macky Sall.

Ces derniers considérent qu’Alioune Badara Cissé fait dans la jérémiade. Le porte parole de l’Apr, Seydou Guèye, invité de l’émission « Grand jury » sur la Rfm, a tenté de rappeler à ABC son rôle qui, selon lui, n’est pas de surfer dans le buzz médiatique. Seydou Guèye, dans son interview, rappelle les fonctions du médiateur de la République: “Le mediateur de la République a des missions qui sont claires celles-ci portent sur l’intermédiation entre les citoyens et l’administration devant des difficultés. Il doit assumer sa neutralité“.

Le porte parole de l’Apr ajoute par ailleurs qu’un méditateur de la République “ne doit pas confondre sa mission et sa responsabilité avec sa passion et son engagement politique“.

Seydou Guèye revient sur un point fondamental: “Le Président de la République constitionnellement à toutes les prérogatives, à lui seul, pour définir la politique de la Nation. Les Institutions de la République sont prises en charge par des hommes et des femmes dont la mission est de contribuer, en exercant leur rôle à la lettre et dans l’esprit, pour que les Institutions de la République jouent pleinement leur role qui est un rôle d’intégration de l’ensemble des citoyens“.

Outre le rappel des missions de chacun, le porte-parole de l’Apr, revient sur les dires d’Alioune Badara Cissé et indique que “ces jérémiades n intéressent pas les Sénégalais, car personne d’entre nous peut accepter cette idée saugrenue qui voudrait faire croire que rien n’est fait“.

Il ajoute par ailleurs que, “le médiateur s’est trompé, son rôle n’est pas de chercher à faire le buzz médiatique mais son rôle est d’intervenir dans la complexité des relations entre l’administration et les citoyens pour garantir et protégrer leurs droits.

et finit par “Le Président de la République n’est pas dans la petite histoire et dans la petite querelle, le président a comme mission préoccupation engagement de chercher constamment a apporter des solutions qui améliorent le quotidien de ses concitoyens”.

C’est la raison pour laquelle “Le président ne peut pas manquer de réagir quand des propos pourrait laisser croire que depuis 2012 rien n’a été fait, ce qui est totalement faux. Il n’y a pas une once du territoire national qui n’est pas bénéficié d’une amélioration aussi infime soit elle depuis que le président Macky Sall est à la tete du pays. En toute objectivité et lucidité il faut consigner que des progrès ont été faits, des réalisations ont irrigué le quotidien des sénégalais même s’il reste encore des développements à apporter”.

En conclusion, les sorties récurrentes de Monsieur Alioune Badara Cissé, Médiateur de la République, contre les institutions du pays, relèvent d’un positionnement politique militant incompatible avec son statut, constituant en même temps une atteinte grave au devoir de réserve que lui impose ses hautes fonctions.

La question est sur toutes les lèvres depuis que le ministre de la Justice, Ismaila Fall a évoqué la possibilité d’une révocation. Le chef de l’État peut-il révoquer le médiateur de la République ?

Dr Nfally Camara, enseignant-chercheur à la faculté de droit de l’Ucad, répond par l’affirmative. À son avis trois possibilités s’offrent à Macky Sall.

Première possibilité : la révocation pour « faute grave ». « Le médiateur est tenu par la neutralité, pose Dr Camara. Donc il n’a pas le droit de faire des déclarations publiques parce que lui-même, s’il doit s’auto-saisir, il doit en informer le président de la République. S’il fait des déclarations publiques, il faillit à l’obligation de neutralité et l’obligation de réserve. Sous ce rapport, il peut faire l’objet d’une révocation. »

Deuxième possibilité : « Le président de la République peut décider, avant le terme du mandat du médiateur de supprimer le poste de médiateur et le remplacer par une autre institution de défense des citoyens. A ce moment, (ABC) perd son mandat. »

La troisième possibilité est la solution finale : « Le président de la République peut purement et simplement supprimer l’institution du médiateur de la République. Le (chef de l’État) nomm(ant) à des emplois civils et militaires, peut également mettre fin à ses emplois. »

 

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