« Ousmane Sonko doit s’expliquer, il ne peut se dérober… »

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Face à l’article documenté de Madiambal Diagne, bourré d’imputations aussi précises que graves contre Ousmane Sonko, les insulteurs attitrés de celui-ci ont choisi la plus désastreuse des réponses: l’injure personnelle. Cela commence d’ailleurs à relever d’une tradition: les sbires du leader de Pastef, en exécution d’un projet de terrorisme intellectuel, versent dans l’invective, la calomnie et le lynchage contre quiconque s’autorise la moindre critique contre leur « vizir ».

J’ai moi-même fait l’expérience de cette forme de fascisme: d’une semaine à une autre, je suis passé du statut de héros adulé à celui de paria injurié par la sonkosphère pour avoir, la première fois, loué l’ascension fulgurante de Sonko sur le terrain politique, et, la seconde, publié un acte attribuant un terrain à ce même Sonko.

Le symbole est dévastateur: l’intolérance agressive de ses feddayins n’arrange pas les affaires de Sonko soupçonné par ses détracteurs d’appartenir à une idéologie religieuse totalitaire.

Dans le cas présent, Madiambal Diagne a soulevé des faits précis, circonstanciés et documentés. Il n’a fait ni dans la caractérisation ni dans la spéculation. Son article décrit Ousmane Sonko sous les traits d’un personnage cynique, cupide, englué dans de graves conflits d’intérêt, porté à donner des leçons de vertu en étant loin d’être un exemple de probité ! Pour moins que cela écrit par Le Canard Enchaîné, en France, François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017, a été mis en examen en pleine campagne électorale !

Si rien de tel ne lui est arrivé sous nos cieux, Ousmane Sonko, si prompt à réclamer des débats et à accuser, alléguant toujours disposer de preuves, doit a minima répondre aux faits précis décrits par l’article et entrés dans le débat public par la grâce de l’effet amplificateur des insultes proférées par ses partisans.

Dans son propre intérêt, le leader de Pastef, qui fonde son engagement politique sur l’éthique et la lutte contre la corruption, au point de s’être spécialisé au départ dans la dénonciation et le déballage, doit éclairer la lanterne des Sénégalais à propos de ces accusations graves qui le visent. Il est attendu sur des réponses claires à propos d’Atlas Groupe, de Mercalex, du TF1451/R, des 12 milliards de commissions, de l’affaire des 94 milliards, des terrains à lui attribués, de ses rapports avec le sulfureux Tahibou Ndiaye…

Toutes les insultes périphériques à ces questions ne sont que pure diversion qui ne déroute que les esprits simples et ne réussira pas à détourner de l’impératif de passer au scanner un homme entré par effraction en politique à coups de « révélations ». Ousmane Sonko doit arrêter ses insulteurs et répondre aux faits précis qui lui sont opposés.


*Cheikh Yérim Seck*

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