L’agriculture numérique, le Sénégal montre l’exemple

Workers plant Artemisia, a plant that gives hopes of new malaria cure, on March 20, 2018, in a plantation in Tivaouane, near Thies, western Senegal. (Photo by SEYLLOU / AFP)

L’intelligence artificielle et le « big data » offrent des solutions nouvelles aux agriculteurs africains, comme le montrent des projets développés à Dakar.

Compter les mangues d’un champ pour vendre sa production au juste prix ; nourrir mieux et pour moins cher les enfants des cantines ; gérer un système d’irrigation à distance… L’intelligence artificielle et le « big data » offrent des solutions nouvelles aux agriculteurs africains.

« Il y a une révolution numérique en Afrique », lance Pascal Bonnet, directeur adjoint du Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad), qui organisait à Dakar, au Sénégal, « le premier rendez-vous de l’agriculture numérique en Afrique de l’Ouest » (Agrinuma), du dimanche 28 au mardi 30 avril.
Selon lui, l’agriculture n’est plus seulement une affaire d’agronomes ; le numérique et les sciences de l’informatique prennent une importance croissante dans les métiers agricoles. « Partout en Afrique, il y a d’excellents chercheurs en informatique. L’agriculture numérique est une chance pour la jeunesse africaine, avec des emplois qualifiés. »

Pix Fruit est un système révolutionnaire, faisant appel à l’intelligence artificielle, qui permet de compter précisément la production : il suffit à l’agriculteur de photographier avec son smartphone quelques-uns de ses arbres dans chaque champ et le logiciel fait le reste, grâce à des modélisations complexes. Résultat : les agriculteurs sont rémunérés au plus juste et les grossistes et négociants peuvent évaluer à l’avance les productions qu’ils pourront écouler. En phase de finalisation pour les mangues, ce système va être étendu à d’autres produits – le café, les agrumes, les litchis –, précise Emile Faye.
« Plus besoin pour l’agriculteur de marcher plusieurs kilomètres, de dépenser de l’essence chaque jour pour rejoindre ses champs ou d’embaucher un gardien-pompiste : il commande le départ et l’arrêt de l’arrosage avec son téléphone portable », explique Oumar Basse, ingénieur informatique sénégalais de 27 ans, cofondateur et directeur de Nanoair.

Le succès est au rendez-vous, avec 250 boîtiers déjà vendus, et des commandes du Maroc et de Zambie. La société compte douze salariés au bout de deux ans d’existence et Oumar Basse a créé dans la foulée une entreprise de livraison et de service après-vente qui en compte 22.

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