Conseil national de la refondation : “Depuis la crise du Covid, le chef de l’Etat est très intéressé par cette référence mythique à la Résistance”, analyse Bruno Cautrès

Pour le politiste Bruno Cautrès, “le programme que présente le chef de l’Etat est plutôt constitué d’investissements dans des dépenses d’avenir mais est assez loin des fondements idéologiques du Conseil national de la Résistance”.

“Depuis la crise du Covid, le chef de l’Etat est très intéressé par cette référence mythique qu’est le Conseil national de la Résistance”, analyse Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof et professeur à Sciences Po Paris alors que le président de la République Emmanuel Macron propose la création d’un “Conseil national de la refondation” dans un entretien donné à la presse quotidienne régionale à une semaine du premier tour des élections législatives.

L’annonce majeure de cette interview est la création d’un Conseil national de la refondation composé de forces politiques, économiques, sociales, associatives, d’élus des territoires et de citoyens tirés au sort. Comment interprétez-vous ce choix ? On sait depuis la crise du Covid que le chef de l’Etat et le gouvernement sont très intéressés par cette référence mythique en France qu’est le Conseil national de la Résistance. On a vu à plusieurs occasions le chef de l’Etat faire référence à une période de guerre. Au tout début de l’épidémie, un ministre avait même parlé d'”armée des ombres” pour évoquer les Français qui étaient en train de se mobiliser pour répondre à la crise. Le chef de l’Etat cherche un cadrage fort pour lancer son second mandat, avec l’idée d’une refondation, un mot qui est très important. Rappelons que le parti présidentiel vient de se trouver un nouveau nom, celui de Renaissance.