Législatives 2022 : dans une campagne dont “tout le monde se fout”, les candidats LREM attendent un geste de Macron

Les prétendants à la députation investis par la majorité font le constat d’une campagne atone marquée par un chef de l’Etat longtemps absent du terrain.

Quand on les interroge, ils partagent tous le même constat : les législatives n’intéressent pas. “Sur le terrain, tout le monde se fout des législatives, il va y avoir une abstention de folie”, alerte Sereine Mauborgne, députée LREM sortante du Var, qui se retrouve “à marteler d’aller voter”. Après l’abstention record de 2017, l’édition de 2022 risque aussi d’être marquée par une faible participation. Selon le baromètre d’Ipsos-Sopra Steria du 23 mai, 47% des interrogés ont l’intention d’aller voter. “C’est un pensum d’accueillir de nouveau les tracts pour les gens, ça ne va pas déplacer les foules”, assure encore le député LREM de l’Eure, Fabien Gouttefarde, lui aussi candidat à sa réélection.

Ces élections des 12 et 19 juin sont cruciales pour le parti présidentiel : sans majorité absolue (289 sièges), il sera difficile pour Emmanuel Macron de mettre en œuvre ses promesse de réforme. Or, à moins de dix jours du scrutin, le manque d’implication du président et d’annonces concrètes à distiller sur le terrain inquiètent la majorité. “On aimerait bien que le président descende de nouveau dans l’arène et impulse des messages structurants pour cette campagne”, souffle un député en campagne.

Emmanuel Macron n’est sorti sur le terrain que mardi avec un déplacement à Cherbourg (Manche) sur le thème de la santé, puis jeudi à Marseille pour parler éducation. Sa précédente apparition remontait au 29 avril dans les Pyrénées. Si aucun des candidats contactés ne doute de remporter ce scrutin, beaucoup constatent un manque d’enthousiasme des électeurs. “Il n’y a pas d’envie, d’appétence pour Macron dans le sens où les gens se diraient : ‘Il va changer nos vies’. On est plutôt dans une forme de continuité avec la présidentielle”, observe un candidat LREM.